Suite à la journée de travail organisé par le CRAAC Centre (Coordination Régionale des Acteurs Artistiques et Culturels du Centre) le 25 novembre 2010 sur le thème "ENTREPRENDRE DANS UN ECOSYSTEME CULTUREL :  UTOPIE OU REALITE ?", une contribution de Mathieu Lambert sur la définition du champ culturel et une tentative de topographie du champ culturel.

CULTUREL



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Jean Hurstel, homme de théâtre, fût directeur de la Laiterie (Centre européen de la jeune création) à Strasbourg entre 1992 et 2003. Il est fondateur et toujours l'actuel président du réseau culturel européen Banlieues d’Europe qui fédère les projets artistiques dans les quartiers populaires du continent. Il est enfin président des Halles de Schaerbeek à Bruxelles depuis le 1er juin 2006. Il a publié Une nouvelle utopie culturelle en marche aux Éditions de l'Attribut, à Toulouse, en 2009.

Dans ce petit livre paru aux Editions de l'attribut en 2009, Jean Hurstel résume parfaitement bien les débats actuellement en cours au sein de la profession culturelle. L'ouvrage est conçu comme un dialogue en trois actes – quoi de plus normal pour quelqu'un formé au TNS – entre un jeune acteur révolté et pressé d'en découdre, et un auteur installé qui a déjà bourlingué et vécu plusieurs décennies d'action culturelle et d'utopies artistiques. Leur dialogue, conflictuel, rageur et sans concessions, permet de brosser toutes les contradictions et les impasses dans lesquelles nous sommes actuellement. Si on peut être agacé du ton très naïf employé par moment, c'est que Hurstel se fait l'avocat du diable, pousse les logiques jusqu'au bout, et dresse des portraits volontairement caricaturaux des acteurs culturels. De l'intermittent en colère au directeur des affaires culturelles engoncé dans son hypocrisie, de l'auteur subventionné au cacique du ministère, toutes les figures y passent.

Le principal intérêt du livre est de replacer dans une perspective historique la politique culturelle. Nous avons tendance à faire commencer l'histoire à Jean Vilar et André Malraux, voire parfois à Jack Lang, alors que ses racines sont plus profondes. Notamment, elles s'ancrent dans l'histoire du mouvement ouvrier, et rappellent combien la culture est indissociable de l'émancipation des couches populaires. Pour revenir à Malraux, Hurstel pointe ce qu'il appelle le « péché originel » de la politique culturelle à la française : la déconnexion de la culture et de l'éducation populaire – alors que cette dernière a largement contribué à l'émergence d'une sphère culturelle autonomisée. Pourquoi cette rupture ? Pourquoi un Ministère de la Culture et de la Communication, et pas, mettons, un Ministère de la Culture et de l’Éducation ?

Le livre a donc le mérite de proposer un condensé de l'ensemble des questions qui agitent un milieu en plein doute. Des doutes sur sa mission : l'artiste a t-il un rôle social ? Quelle place pour l'expérimentation ? D'ailleurs, a t-il une mission ? Des doutes sur son audience : la fréquentation des lieux culturels est-elle si mauvaise que ça ? Le milieu est-il clos et fermé ? Des doutes sur son mode d'organisation : l’État vaut-il vraiment mieux que le marché ? Émettre des doutes sur l'action publique est-ce pour autant être un (affreux) libéral ? Prôner une politique soucieuse de la demande, est-ce forcément du populisme ?

Hélas le livre apporte peu de réponses. Les questions sont très bien posées, mais les propositions qui y sont apportées ne sont pas très convaincantes. Hurstel appelle à « une nouvelle utopie européenne ». Certes. Mais tant que la très technocratique et procédurière Commission présidera aux destinées de l'Union, il n'y a rien de novateur à en attendre pour les professions culturelles. Le mode de développement des projets défendu par l'Union est un non-sens opérationnel (pourquoi faire simple quand on peut faire incompréhensible) et une faute stratégique lourde (quand on connait la force de frappe et la réactivité des fondations anglo-saxonnes). Les autres pistes données par Hurstel sont issues de son expérience des friches. Hélas, si les projets sont beaux, je ne partage pas le même optimisme que lui sur la capacité des friches à rapprocher les classes populaires de la culture. Car il ne suffit pas « d'être là », d'être implanté dans un quartier populaire pour qu'automatiquement les habitants du quartier se sentent éclairés des lumières émancipatrices de l'action culturelle.

La fiche de l'ouvrage dans RéseauDocs






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